Mayo-Tsanaga sous les cendres : Boko Haram détruit, l’état regarde

Mayo-Tsanaga sous les cendres : Boko Haram détruit, l’état regarde

Le terrorisme de Boko Haram n'est plus une menace lointaine. Dans le département du Mayo-Tsanaga, il est devenu une réalité quotidienne.

Dans le village de Tourou, situé à environ 35km de l'arrondissement de Mokolo, les attaques de Boko Haram connaissent leur pic. Les villages se vident progressivement, populations massacrées, terres abandonnées. Presque 13 ans après les premières attaques, pas toujours de réponse durable.

Le silence des élites locales face à cette situation est une complicité avouée. Le Mayo-Tsanaga compte des nombreuses élites, des hauts cadres administratifs qui peuvent porter les voix et les cris des populations. Mais quand Tourou brûle, quand Koza compte ses morts, ces mêmes élites se taisent.

Plus de 9 000 personnes déplacées par les attaques de Boko Haram n'ont toujours pas pu regagner leurs villages. Ce chiffre continue d'augmenter au rythme des incursions. Rien qu'au début du mois de juin 2026, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a recensé 482 nouveaux déplacés, soit 78 ménages, ayant fui les attaques dans les arrondissements de Mokolo, Koza et Mayo-Moskota.

Les familles qui fuient abandonnent leurs terres, leurs champs et même leurs morts. Ils laissent derrière eux leurs papiers : des centaines d'actes de naissance et de cartes nationales d'identité réduits en cendres avec leurs maisons.

Le Mayo-Tsanaga se vide. L'agriculture s'effondre. Les écoles ferment. L'économie locale disparaît. Si rien ne change, c'est une dépopulation accélérée et irréversible qui attend ce département.

sahelvision